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Développement Interview

Coopération : Le Maire de Ziguinchor salue le jumelage entre sa commune et Bouaké

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En marge de la célébration de l’an 61 de l’indépendance de la Côte d’Ivoire et dans le cadre de la mise en œuvre de la charte de jumelage entre les villes de Bouaké (Côte d’Ivoire) et Ziguinchor (Sénégal), le maire de Ziguinchor Abdoulaye Baldé était récemment dans la capitale du Gbêkê à l’invitation de son homologue Nicolas Djibo. C’était pour le baptême de l’une des rues de Bouaké qui portera désormais le nom ‘’Rue Zinguinchor’’. A cette occasion le Député-maire de Ziguinchor s’est confié à la rédaction de gbeke.net. Entretien.

-Bonjour Monsieur le Maire

Bonjour

-présentez-vous rapidement s’il vous plait

Je m’appelle Abdoulaye Baldé, je suis le député et Maire de la commune de Ziguinchor. Ziguinchor est une ville de la capitale dans la région sud du Sénégal dont je suis élu Maire pour la première fois en 2009 et j’ai été réélu en 2014.

-Dans quel cadre se situe votre visite en Côte d’Ivoire précisément dans la ville de Bouaké ?

Alors, nous sommes venus répondre à l’invitation de notre frère  et ami le Maire Djibo Nicolas Youssouf qui nous a fait l’amitié de nous inviter pour venir participer à un évènement particulièrement important pour nos deux communes. Il s’agissait du Baptême de la rue qui porte le nom de notre ville qui va désormais symboliser cette amitié entre le peuple de Côte d’Ivoire et le peuple du Sénégal et partant surtout entre les populations de Ziguinchor et les populations de Bouaké, nos deux villes qui partagent beaucoup de choses. D’abord depuis les indépendances, Bouaké bien avant les indépendances, était occupée par les portugais avant d’être cédée aux français. C’est la même histoire au niveau de Ziguinchor.

Nous avons aussi assisté récemment à des évènements sociaux politiques qui ont fait que nos deux villes étaient au-devant de l’actualité et aujourd’hui Dieu merci nous sommes lancés dans une phase de reconstruction de ces deux villes et de développement économique nécessaire. Je voudrais féliciter le Maire pour toutes ces initiatives qu’il est en train de prendre, surtout la construction du marché sur dix hectares et qui va être le plus grand marché de l’Afrique de l’ouest. Je pense que c’est une fierté pour nous tous et tous les amis de Bouaké.

-Au-delà donc de cette visite, depuis quand est-ce que vous avez établi cette coopération décentralisée entre ces deux communes ?

Nous avons tout d’abord commencé à nous fréquenter autour des années 2017 et puis dans le cadre de notre concept qui constituait à mettre en place un réseau de villes secondaires de l’UEMOA. Le Maire Nicolas Djibo Youssouf est élu président des villes secondaires de l’espace UEMOA et moi-même je suis le premier vice-président. C’est à partir de 2018 que nous avons à travers nos deux conseils municipaux établi les bases de notre partenariat. Alors depuis 2018 nous sommes jumelés et donc beaucoup de Ziguinchorois souvent viennent à l’université, faire des missions et retourner et je suis sûr avec l’étape que nous venons de franchir, beaucoup d’autres choses vont se faire entre les deux villes.

-Aujourd’hui, quels sont les secteurs prioritaires pour ce jumelage ?

Le secteur prioritaire, nous avons démarré par dégager les symboles. Les symboles, il y a cette rue qui porte le nom Ziguinchor qui va être bien entendu le symbole de la coopération  par excellence ou les sénégalais de façon général se reconnaitront, nous allons faire la même chose dans le mois de novembre.  Une des plus belles avenues  de Ziguinchor va porter le nom de Bouaké. Une délégation de Bouaké qui viendra à Ziguinchor pour participer au baptême. Mais au-delà de ça nous allons faire de telle sorte que cette coopération, ne puissent pas s’arrêter seulement à ces deux symboles. Nous sommes en train de travailler sur le chantier économique, nous sommes en train de travailler sur le chantier sportif, universitaire parce que nous avons deux villes universitaires, Ziguinchor est une ville universitaire, nous avons une université qui est en train de monter en puissance où toutes les filières sont enseignées y compris la médecine. Nous avons aussi beaucoup d’instituts d’enseignement supérieur et nous avons aussi l’honneur d’accueillir, l’université Catholique de l’Afrique de l’ouest. Alors je pense que sur le plan universitaire, c’est vrai qu’il y a déjà eu des esquisses, y a des professeurs d’université de Ziguinchor qui sont déjà venus à Bouaké et nous comptons vraiment développer cette coopération Universitaire, développer le commerce entre les deux villes et aussi développer, les essences culturelles, les essences sportives, parce que nous sommes deux villes sportives aussi.  Il y a beaucoup  de champions de la Côte d’Ivoire qui sont issus de Bouaké, vous avez une équipe de première division, nous en avons aussi une équipe de renommé de première division et beaucoup de champions Sénégalais  sont issus de Ziguinchor. Alors je pense que sur le plan le sportif vous pouvez  nous rapporter beaucoup. Sur le plan de l’échange il y a déjà quelques opérateurs économiques qui veulent déjà prendre des produits de la villes de Bouaké comme l’igname, comme la banane plantain, le manioc et pour d’autres, la cola pour les emmener à Ziguinchor et de Ziguinchor, on pourra vous emmener du poisson, parce que nous en produisons beaucoup. Il y a beaucoup de perspectives dans tous les domaines et nous sommes totalement ouverts à chaque chose que nous avons signée. Nous avons parafé cet accord de jumelage, il est assez large et il couvre beaucoup de domaine et nous pensons que nous allons pouvoir le développer petit à petit au grand bénéfice de population dans nos deux villes.

 -Comment est-ce que vous comptez mettre à profit ce jumelage pour pouvoir donc  assurer une durabilité urbaine chez vous à Ziguinchor ?

Je pense que c’est très important, nous sommes venus d’abord nous inspirer parce que Bouaké, il y a beaucoup de similitudes à Ziguinchor. Nous partageons beaucoup de choses sur le plan de l’environnement, nous sommes une ville pratiquement verte à la seule différence, nous somme sur le fleuve. Et donc nous avons des phénomènes qui ne sont peut-être pas connus ici à Bouaké.  Il y a le problème d’érosion, le problème d’agression peut-être de la côte. Donc nous sommes bien entendu lancés dans des projets importants aussi bien avec d’autres mairies qui sont au niveau du nord que ce soit en France ou dans des pays développés. Donc nous sommes en train de faire de telle sorte que nous puissions construire. Ça c’est l’objectif des ODD  notamment l’objectif 11 qui nous invite à construire des villes résilientes, des villes durables. D’après les projections, qui sont faites d’ici 2050 vous savez que la population africaine va doubler et que 80% de cette population seront dans les centres urbains. Donc il est important que déjà dans les politiques de développement, que ce soit à Ziguinchor que ce soit à Bouaké, nous avons appris des choses ici et c’est sûr que quand il viendront ils verront ce que nous sommes en train de faire dans le domaine du développement durable, dans le domaine de l’assainissement, dans le domaine de la préservation des ressources naturelles parce que nous avons beaucoup de projets actuellement , nous allons construire beaucoup d’infrastructures dans le domaine de l’assainissement que ce soit le drainage des eaux usées, des eaux de pluies mais aussi dans le domaine de  la déchetterie nous sommes actuellement très avancés avec le Fonds Mondial de l’Environnement pour construire des unités et dans la ville, nous allons construire beaucoup de PRN, des postes de regroupement normalisés pour le ramassage des ordures. Donc c’est tout un système que nous sommes en train de mettre en place. Et aussi nous avons un programme de reboisement dans la commune, de préservation de l’environnement, de restauration des jardins publics de manière à reverdir notre environnement, je pense que nous avons beaucoup de choses à partager sur ce domaine.

-Quel sera votre message à l’endroit de la population de Bouaké à l’occasion de ce soixante et une anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire ?

Alors, je voudrais d’abord féliciter l’ensemble de la population de la Côte d’Ivoire pour ce soixante et unième anniversaire. Je pense que nous avons été indépendants la même année. Le Sénégal est aussi parti à l’indépendance en 1960 même si c’est quelques mois avant la Côte d’Ivoire, nous avons été indépendants le 4 avril 1960 et la Côte d’Ivoire le 7 août 1960 aussi.

J’ai eu l’honneur d’être ministre de la défense du Sénégal et donc j’avais dirigé les défilés qui commémoraient  les 50 ans des indépendances et donc nous avons fait plusieurs pays. Il y a la Côte d’Ivoire, le Sénégal, nous avons été au Mali, au Gabon où c’était à peu près les mêmes dates, la même année. Nous avions même conduit une délégation en France à l’occasion du défilé des champs Elisée. Donc nous partageons beaucoup de choses et je voudrais vraiment féliciter le peuple de Côte d’Ivoire, féliciter cet élan de réconciliation nationale qu’on est en train de vivre avec cette poignée de main entre le président Ouattara et le président Gbagbo. J’ai eu à fréquenter le président Gbagbo quand j’étais secrétaire général à la présidence du Sénégal du temps d’Abdoulaye Wade. Donc je sais que ce sont deux hommes d’Etats qui peuvent beaucoup apporter à la Côte d’Ivoire mais on ne peut pas faire un développement en n’étant pas dans la paix alors je les exhorte, je prie le Tout puissant pour que ce vent de réconciliation de pardon mais aussi de tolérance qui est en train de souffler sur Côte d’Ivoire puisse se perpétuer pour que vous puissiez être encore plus développés parce que la Côte d’Ivoire c’est 40% du PIB de l’UEMOA et donc si la Côte d’Ivoire tousse, les autres vont éternuer. Le Sénégal et la Côte d’Ivoire, c’est les deux moteurs, la  Côte d’Ivoire c’est 40% du PIB et le Sénégal, 20% du PIB et les autres viennent largement derrière. Si ces deux pays moteurs se mettent ensemble, on pourra avoir un espace beaucoup plus développé.

-Monsieur le Maire, quelle est la prochaine étape après aujourd’hui concernant le jumelage entre les deux villes ?

la première étape est d’abord la visite que nos amis de Bouaké vont faire à Ziguinchor et puis comme je vous l’ai dit, on a lancé beaucoup de chantiers. On voulait déjà inviter une équipe de Bouaké à Ziguinchor. Sur le plan de la culture aussi il y a le festival de Bouaké qui s’appelle Bouaké souba. Nous aussi nous avons un grand festival, nous avons d’ailleurs accueilli de grands orchestres de la Côte d’Ivoire comme Magic Système qui sont venus à Ziguinchor pour jouer.  Donc sur le plan culturel nous allons développer des échanges entre les jeunes comme nous le faisons dans d’autres villes d’Europe. Nous allons aussi développer ça. Déjà les commerçants vont s’y mettre, je pense.  Il y a une de mes adjointes qui s’est déjà placée dans le sciage de la vente de poissons et puis de produits de Côte d’Ivoire comme le petit cola, l’igname et autres qu’ils prennent ici et qu’ils ramènent à Ziguinchor et puis beaucoup d’autres. Nos compatriotes qui sont là nous ont indiqué beaucoup de pistes qu’on pourra vraiment explorer sur le plan économique.  Et puis, il y a le grand marché  de Bouaké qui va être bientôt fonctionnel et qui pourrait être terminé au tout début de l’année 2023. Je pense que ça va encore booster davantage les échanges entre nos deux pays et nos deux villes.

-Monsieur le Maire, je vous remercie.

c’est moi, qui vous remercie, merci beaucoup et je vous souhaite bonne chance, à votre chaine aussi.

Interview réalisée par BRICE DELAGNEAU