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Société

Promotion du genre : Une doctorante de l’université de Bouaké révèle des disparités

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L’équité du genre tant prônée par les autorités ivoiriennes est loin d’être effective dans bon nombre de secteurs en Côte d’Ivoire notamment dans les institutions de recherches. C’est ce que révèlent les travaux de recherches d’une étudiante, doctorante à l’université Alassane Ouattara de Bouaké. Recherches dont les résultats ont été présentés récemment lors du colloque international du Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire. 

Kondo Akuélé Radha  est étudiante à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké. Doctorante et chercheur associé au Centre Suisse de Recherches Scientifiques (CSRS),  elle a réalisé avec son équipe, des travaux de recherches sur la question du genre en Côte d’ivoire. Thème choisi, « la politique du genre dans les institutions de recherches en Côte d’Ivoire : Les discours et les pratiques». L’objectif de cette étude est de comprendre le pourquoi de la sous-représentation des femmes dans le milieu de l’enseignement supérieur et de la recherche, malgré la politique nationale du genre mise en place par la Côte d’Ivoire.

 La politique nationale du genre en Côte d’Ivoire dit par exemple qu’il faut scolariser les filles, que les femmes doivent avoir à chance égale les mêmes opportunités que les hommes, que les femmes puissent occuper les mêmes postes que les hommes selon les compétences. Elle indique également qu’il faut un quota minimum de 30% de femmes dans les administrations et au niveau des postes. Voilà entre autres ce que disent les discours. Mais qu’en est-il dans la pratique ? C’est le sens de cette étude menée par Kondo Akuélé Radha  et ses condisciples. « On s’est rendu compte que malgré cette politique nationale, l’intégration des femmes dans les institutions de recherches fait défaut », affirme-t-elle avant d’ajouter : « Malgré ça, il n’y a aucun mécanisme de suivi qui accompagne cette politique ».

 Cette étude leur aura donc permis de mettre à nu quelques disparités dans bien de domaines.  Pour consolider cette assertion, notre chercheur s’est appuyé sur des preuves empiriques observées çà et là, notamment dans trois structures que sont : le Centre Suisse de Recherches Scientifiques (CSRS), l’Institut National de Santé Publique (INSP) et l’Institut de Géographie Tropicale (IGT).  «L’un des résultats montre qu’il n’y a aucune charte dans les trois institutions dans lesquelles nous nous sommes rendus pour réaliser l’étude, même si au CSRS le quota est atteint», souligne Mlle Kondo.  

Si l’étude porte exclusivement sur les institutions de recherches, force est de reconnaitre que cette disparité au niveau du genre est perceptible dans de nombreuses structures ivoiriennes tant publiques que privées en Côte d’Ivoire. Il est clair que le quota de 30% de femmes dans les entreprises est loin de refléter la réalité pour l’instant. Et la question de la maternité est très souvent pointée du doigt en guise de justification. « La perception des femmes chercheurs et enseignantes sur la maternité constitue un frein. On se dit une fois qu’elle est recrutée, quelques mois après elle tombe enceinte », soutient Kondo Akuélé Radha.

Face à cette réalité Mlle Kondo envisage des solutions pour corriger cet écart entre les discours théoriques et la pratique, avec  à la clé des recommandations. «Nous souhaitons une prise en compte de l’ODD 5 qui parle de l’équité du genre. Il faut tout d’abord qu’il y ait une politique adaptée aux réalités de ces femmes-là», dira-t-elle. Non sans mettre un accent sur la question du suivi de cette politique du genre en Côte d’Ivoire.

Nous pensons que pour promouvoir vraiment le genre, il faudrait non seulement prendre en compte les difficultés et les chalenges que les femmes rencontrent, mais il faut aussi un développement inclusif, parce que la femme éduquée, c’est une société qui est éduquée.

GEORGES KOUASSI

redaction@gbeke.net