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DEVELOPPEMENT DURABLE : Des communes du Moronou et de la Mé s’engagent dans une dynamique de transition écologique avec l’ONG AMISTAD

L’accompagnement des collectivités territoriales (Communes, Régions et Districts) dans leur dynamique d’attractivité et de transition écologique fait partie des recommandations de la deuxième édition du FORAVID tenue récemment à Abidjan. Cinq localités des régions du Moronou et de la Mé, appuyées par la direction générale de l’UVICOCI veulent s’inscrire dans cette option et combler le déficit énergétique par de l’énergie solaire. Chargée d’accompagner les collectivités dans cette dynamique, l’ONG AMISTAD a effectué du 22 au 24 juillet 2022 une mission dans lesdites localités pour recueillir leurs besoins effectifs.

Accompagner les collectivités territoriales dans l’élaboration, la mobilisation des ressources humaines, financières et matérielles, le soutien dans la mise en œuvre des activités et/ou le suivi des projets en lien avec l’attractivité territoriale et la transition écologique. Tel est l’objectif de l’initiative ”Appui aux Collectivités Territoriales pour l’Attractivité et la Transition Ecologique – (ACTATE), née des recommandations du FORAVID (Forum Africain des Villes Durables).

M’batto, Bongouanou, Arrah (région du Moronou), Afféry et Yakassé-Attobrou (région de la Mé) sont les localités visitées par la délégation de l’ONG AMISTAD constituée de Tuo Lacina, chargé des projets climat et territoire et de Kouassi Georges, secrétaire général représentant le président Brice Delagneau.

Les problèmes identifiés dans ces localités sont quasiment identiques. La pandémie de la COVID 19 les a rendues de plus en plus vulnérables car impactées sur le plan économique avec la fermeture de certains commerces. « De nombreux foyers sont tombés dans la paupérisation avec l’augmentation du coût des denrées alimentaires accentuant la pauvreté», a laissé entendre M. Kouamé Koua Jacob, maire de la commune de M’batto qui ne manque pas de souligner la baisse des recettes municipales.

L’un des problèmes majeurs évoqués par les autorités municipales c’est la question de l’électricité et celle de l’eau potable, car même si la quasi-totalité des villages sont électrifiés, cette électricité selon les autorités reste faible et caractérisée par des coupures intempestives. A l’hôpital général de Yakassé-Attobrou, l’instabilité de l’électricité plonge quotidiennement l’établissement sanitaire dans l’obscurité. «Plusieurs fois on a utilisé des torches en salle d’accouchement, encore pour d’autres interventions et même au bloc opératoire, parce que quand le courant coupe, le groupe électrogène sensé assurer le relais ne fonctionne pratiquement pas », déplore Dr Dago née Kouamé Alimata, sous-directrice dudit établissement sanitaire. «Aucun appareil ne fonctionne correctement, impossible de réaliser les bilans et nous sommes obligés d’orienter les patients à Adzopé», Le comble c’est la détérioration des frigos servant à la conservation des produits médicaux. «C’est dans cette glacière que nous conservons malgré nous-même, les vaccins et les autres médicaments», indique-t-elle avec un air de désolation sachant que cette condition de conservation ne garantie pas la qualité des produits.

Même son de cloche au lycée municipal de la même ville où le proviseur M. Kragbé Georges se trouve entre peine et angoisse. « A cause de l’éloignement du lycée, il n’y a pas de transformateur dans le secteur et le manque de courant nous cause assez de problèmes. Nous avons suspendu le tirage des devoirs. A  partir de 19 heures le lycée devient un lieu de banditisme. Même durant les compositions pour l’examen du BEPC, on n’avait pas de courant », a-t-il confié.

Il est clair que Yakassé-Attobrou souffre terriblement de cette situation.  D’où le cri de cœur du 1er magistrat de la commune M. Adepo Yapo François. « Pensez à nous de sorte qu’on puisse bénéficier de l’énergie solaire pour combler un temps  soit peu ce déficit énergétique », a-t-il plaidé auprès des émissaires de l’ONG AMISTAD. Plaidoyer identique à celui du secrétaire général de la mairie d’Afféry, M. Odo Didier visiblement exaspéré par les récurrentes coupures d’électricité qui plongent quotidiennement les populations et surtout le centre de santé dans l’obscurité.

 Il en est de même pour l’eau potable qui reste difficilement accessible à bon nombre d’habitants des localités sillonnées, notamment à Bongouanou où la qualité de l’eau reste à désirer. «Les nouveaux quartiers ne sont pas desservis et puis la qualité de l’eau n’est pas bonne. L’eau est souvent de couleur jaunâtre », se plaint le premier adjoint au maire, M. Allou Thomas.   A M’batto le village d’Akpibo (8 km) se voit privé d’eau. La pompe à motricité humaine située au cœur du village est en panne depuis plus d’un an. La seconde qui se trouvait à un kilomètre du village a été emportée par les travaux de la voie reliant M’batto à Séchi. Ce qui oblige les villageois à aller jusqu’à M’batto pour se ravitailler en eau potable. Le maire Kouamé Koua Jacob est bien conscient de ce manque criant d’eau dans sa commune. « Les quartiers se sont développés rapidement et le problème d’eau se pose », a-t-il soutenu.

Face à cette réalité implacable, un projet tel que celui d’approvisionnement des centres de santé ruraux en énergie solaire et en système de pompage d’eau initié par l’ECREEE Centre Régional pour les Energies Renouvelables et l’Efficacité énergétique) pour venir en aide aux zones rurales serait la bienvenue dans ces localités et dans bien d’autres se trouvant dans la même situation. Et le Directeur Général de l’UVICOCI (Union des Villes et Communes de Côte d’Ivoire) M. Jean-Jacques Yapo abat un travail herculéen dans ce sens.  

GEORGES KOUASSI

redaction@gbeke.net