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AGRICULTURE: Les organisations ivoiriennes et ghanéennes  de la société civile font un plaidoyer pour un cacao durable en Afrique

Les organisations ivoiriennes et ghanéennes de la société avec à leurs côtés des organisations de producteurs réunies à Grand Bassam du 27 au 29 juillet 2022, à l’initiative de l’Inades-Formation Côte d’Ivoire et dans le cadre du projet INKOTA ont fait un plaidoyer en faveur du cacao durable en Afrique. Un plaidoyer portant sur qutre axes prioritaires. Afriquegreenside.com vous propose l’intégralité de la déclaration.  

DECLARATION DES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE ET DES ORGANISATIONS DES PRODUCTEURS IVOIRIENNES ET GHANEENNES

Ces dernières années, un dialogue international sur la durabilité de la filière cacao a été initié entre tous les acteurs impliqués tant dans les pays producteurs que consommateurs.

La Côte d’Ivoire et le Ghana, qui représentent plus de 60% de la production mondiale de cacao, ont décidé de travailler ensemble pour définir une stratégie commune et durable visant à augmenter les prix perçus par les producteurs de cacao dans leurs pays respectifs.

Pour concrétiser cette volonté politique, l’Initiative Cacao Côte d’IvoireGhana (ICCIG) a été mise en place en 2020.

Au regard de ce partenariat stratégique établi au niveau sous-régional par les deux Etats, il est apparu pertinent pour les organisations de la société civile et de producteurs des deux pays, travaillant sur le cacao, d’établir un cadre de collaboration permanent. L’objectif est de travailler ensemble et de définir une stratégie viable qui s’articule autour des priorités communes des deux pays, notamment en ce qui concerne les producteurs locaux et les petits transformateurs locaux.

Ainsi, du 27 au 29 juillet 2022, s’est tenu un atelier de mise en réseau des organisations de producteurs et de la société civile ivoirienne et ghanéenne sur la durabilité de la filière cacao.

A l’issue de cet atelier, la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD) et la Ghana Civil-society Cocoa Platform (GCCP) ont salué et soutenu l’initiative des deux Etats. Nous réitérons notre engagement à contribuer à la réalisation des objectifs de l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana (ICCIG).

Au cours de cette réunion, nous avons pris la décision d’agir ensemble et mener des actions concrètes autour de quatre (04) grands axes prioritaires :

  1. Revenu vital :

 Nous soutenons les efforts de nos gouvernements visant l’augmentation du prix bord champ et donc le revenu des producteurs de cacao à travers le Différentiel de Revenu Décent (DRD).

Cependant :

▪ Au niveau international nous demandons

o A l’industrie du cacao d’améliorer le prix payé aux producteurs ;

o Une réforme du mécanisme de fixation des prix au niveau international qui prend en compte le coût de production.

▪ Au niveau national

o Un mécanisme transparent de redistribution de cette DRD conforme aux engagements pris par les deux pays lors de sa mise en place. Pour réaliser ce mécanisme, nous appelons à l’élaboration de documents de politique et de mise en œuvre qui réglementeront le DRD ;

o Nous recommandons la mise en place d’un mécanisme transparent et inclusif de fixation des prix bord champ, prenant en compte tous les paramètres pertinents qui entrent dans la production de cacao par le producteur.

  • Déforestation et bonne gestion des ressources naturelles

Nous recommandons :

▪ L’élaboration de plans locaux d’utilisation durable des terres qui tiennent compte des dynamiques socioculturelles des communautés ;

 ▪ Une révision de la réglementation nationale des pesticides en fonction des nouveaux développements dans les pays occidentaux qui ont interdit un certain nombre de pesticides en raison de leurs effets nocifs ;

▪ La mise en place d’un système national de surveillance des forêts pour la traçabilité du cacao et l’évaluation de la déforestation.

  • Droits Humains et esclavage moderne

 ▪ Nous notons que ces dernières années, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont fait des progrès dans la lutte contre le travail des enfants, notamment à travers la mise en place d’un cadre réglementaire clair et la création de structures spécifiques pour mieux lutter contre ce défi ;

 ▪ Ainsi, nous recommandons un changement dans la définition et le contexte sur le sujet en situant correctement la question comme le trafic d’êtres humains spécifiquement des enfants et l’esclavage moderne ;

 ▪ Sur cette base, nous recommandons de mettre l’accent sur le contrôle des frontières pour mieux lutter contre les réseaux de trafic d’enfants dans les pays d’Afrique de l’Ouest.

  • Bonne gouvernance / responsabilité et transparence

Nous recommandons :

▪ La création des conditions pour la mise en place d’une organisation nationale représentative des producteurs de cacao ;

▪ La représentation et participation adéquates des organisations de producteurs et de la société civile dans les processus de prise de décision.

Nous, les organisations de producteurs et de la société civile ivoiriennes et ghanéennes, convenons de créer un réseau africain d’organisations de producteurs et de la société civile pour le cacao, en vue de mener des actions en faveur des producteurs, des petits transformateurs locaux et leurs organisations dans les pays producteurs d’Afrique.

                                                                               Fait à Grand Bassam, le 29 Juillet 2022